Forum dédié aux multiples aspects de la vie quotidienne de nos ancêtres
 
AccueilAccueil  Portail*Portail*  GalerieGalerie  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Les forums thématiques sont fermés. Les documents seront en libre lecture sur Calaméo


Partagez | 
 

 Les chiffonniers à Paris

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Alice
Admin


Nombre de messages : 15
Date d'inscription : 23/04/2008

MessageSujet: Les chiffonniers à Paris   Sam 24 Mai - 19:44

Témoignages :



Josette Poulard-Steinmann-Pierre, témoigne :
L’hiver 1957, mon père (avec qui je ne vivais pas) m’a fait visiter le camp de l’Abbé Pierre à Noisy-le-grand. ..où il avait beaucoup d’amis chiffonniers pour survivre, j’y ai d’ailleurs vu le jeune Abbé Pierre.. ces pauvres gens habitaient dans des bidonvilles, le mot est très juste car c’était comme des demi tonneaux en tôle ondulée avec une porte et une fenêtre en façade, tous alignés sur un terrain en terre battue...quand il pleuvait c’était un vrai cloaque... d’ailleurs ce genre de bidonville existe encore dans beaucoup de pays, j’en ai vu au Venezuela tout récemment.. J’habite maintenant la campagne et dans ma jeunesse j’ai élevé des lapins et le marchand de peaux de lapin passait tous les mois nous les prendre...cela dans les années 1968/70, donc pas si loin.

Evelyne Piquet nous laisse un message sur le groupe, samedi 11 août, témoignant se souvenir d’un marchand de peaux de lapin qui avait un cheval attelé à une carriole et dont le dépôt touchait le mur de l’école Montesquieu à Vitry sur seine. Evelyne nous dit : « de la cour, nous apercevions les peaux qui séchaient dans son grenier....quelquefois, le matin il nous faisait grimper sur son cheval... ».

J’habitais déjà, pour ma part, à Paris (déjà dans le onzième), à la même époque et me souviens des cris de ces métiers insolites qui ne viennent plus jamais troubler les bruits des klaxons ambiants.. « ciseaux-couteaux » ! criait le rémouleur, « viiiiiiitrier » ! « Piaux d’lapin – ferrailles à vendre » ! et tant d’autres… Aux généalogistes qui suivront, nous pourrons leur dire qu’on a vécu encore au milieu des cris de rue, comme au moyen âge.

Chantal Wucher nous raconte : J'ai encore dans les oreilles, ce cri si particulier : "Peaux d'lapins, peaux ! " J’ai connu également dans ma jeunesse les bidons-villes au Petit-Betheny à la sortie de Reims, là où maman allait à l’herbe pour les lapins étant enfant. C’était un endroit peu fréquentable et on le regardait de loin. Quand je suis retournée dans ma ville vers 1990, j’ai recherché ces taudis pour me remémorer une époque, mais tout avait disparu, à la place se dressaient des HLM. De nouvelles rues, des PME, une jardinerie...J’étais perdue !

Un roman, que l’on trouve en format poche aujourd’hui, et intitulé « rue des maléfices » reprends les notes et dessins de Jacques Yonnet, ami de Raymond Queneau, d’Audiberti, de Prévert, de Béalu, de Seignolle et de bien d’autres, pendant la seconde guerre mondiale à Paris, et les personnages qui y évoluent, dans les sombres venelles de la rive gauche, sont tous plus ou moins « biffins » « chiffonniers » « bohémiens de province »… c’est encore assez instructif, puisque c’est du vécu, d’un monde méconnu, que celui des chiffonniers jusqu’à la période de la guerre. Il semble que certains chiffonniers, « faisant les poubelles » la nuit, entre les deux guerres, finirent par s’établirent « brocanteurs », passant d’un étal d’objets ébréchés posé à même le trottoir rue Mouffetard (lieu du roman) ou au marché aux puces de la porte de Montreuil, vers une « boutique » ayant pignon sur rue.


Paris, rue Mouffetard, vers 1950


Rue Mouffetard vers 1950
un des lieux où nos chiffonniers de Paris avaient leurs étals

Mr Phlaffez informe par ailleurs avoir consulté sur Gallica les frais d’établissement pour un chiffonnier en 1833, dans le « magasin pittoresque » :

Chiffonnier

C’est un métier de la rue qui demande peu d’investissement, mais qui est difficile. Le chiffonnier doit composer avec la police et avec les autres chiffonniers. Pour travailler, il a besoin de

Une médaille de chiffonnier 2,00 F

Un mannequin 3,00 F

Un crochet 0,50 F

Une lanterne 0,75 F

--------

Total 6,25 F

Le crochet sert à ramasser les objets, les chiffons dans les poubelles ou par terre La lanterne est nécessaire car le travail se fait souvent de nuit.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Alice
Admin


Nombre de messages : 15
Date d'inscription : 23/04/2008

MessageSujet: Re: Les chiffonniers à Paris   Sam 24 Mai - 19:46

Les CHIFFONNIERS de Paris

15 janvier 16:44, par malicane
Je voudrais tout d’abord remercier Danièle-Alice DANIEL, pour cet article et les photos sur les Chiffonniers de Paris Je suis moi-même une biffine de la dernière génération, je suis née en 1953 à Bagnolet et j’ai été élevée sur la zone à proximité où passe aujourd’hui l’échangeur de l’autoroute. J’ai connu ces maisons faites de bric et de broc, souvent plaques de bois recouvertes de toile goudronnée, au sol d’herbe et de terre toujours boueux, au toit de tôles sur lesquelles on posait de grosses pierres et qui tremblaient et claquaient les soirs de vent, souvent pour porte une vieille couverture trouée. Moi, j’avais plus de chance que mes camarades, je vivais dans une maison "en dur" car mon grand-père était arrivé du Morvan avec un cheval et une charrette pour toute fortune et très vite avait pu gagner l’argent nécessaire afin d’établir sa famille dans un quartier ouvrier où de toute façon, nous étions quand même des chifftirs.Le nez coulant l’hiver, les doigts gourds pour dénuder les fils électriques et récupérer le cuivre, les ballots de chiffons et de papiers compostés par nos pieds des gamins joyeux , dans un gabarit fabriqué par mon père.J’ai connu la méfiance, les moqueries, le dégoût que les "bonnes gens" déposaient sur nous, Aujourd’hui, je sais que je ne voudrais pas vivre une autre enfance que celle-ci. Plus tard, peut-être, si cela vous intéresse je vous raconterai par exemple que ma grand-mère vendait des crottes de chien très blanches, excréments chargés en déchets d’os que les bourgeoises envoyaient leur bonne acheter pour blanchir les gants de dentelles et aussi le plaisir de voir le tripier gonfler les poumons de veau à la pompe à vélo, avant de l’emballer dans le papier journal que je déchiffrais en chemin, on appelait cela du "mou" qui ne finissait pas dans la gamelle du chat mais bel et bien dans nos assiettes... Bonne journée à tous

Voir en ligne : Ainsi vivaient nos aieux.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Les chiffonniers à Paris
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Quéffélec en anti-Normand dans Paris Match.
» Le Grand Paris
» La Normandie à Paris. 13 et 14 Juin.
» boutique MUFE pro sur Paris
» La monnaie de Paris ne connait pas la Normandie

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Nos Ancêtres Au Quotidien :: METIERS ANCIENS :: Métiers de la rue-
Sauter vers: